Présentation


"La Géographie n'est autre chose que l'Histoire dans l'espace, de même que l'Histoire est la Géographie dans le temps." Elisée Reclus, L'Homme et la Terre, 1905.

L'objectif de ce site est de faire connaître la Géohistoire et ses didactiques. Il veut être un lieu centralisant les différentes actualités géohistoriques aussi bien dans l'Enseignement que dans la Recherche.

vendredi 28 juin 2019

Monastir (Tunisie) comparaison diachronique de l’aménagement du littoral

Andréa Poiret, « Le cas de Monastir en Tunisie, comparaison diachronique de l’aménagement du littoral », image à la une de Géoconfluences, juin 2019.

Andréa Poiret, étudiante en master Géographie et master Patrimoine et musées à l'Université Paris I-Panthéon Sorbonne, vient de publier sur le site Géoconfluences un article comparant dans une démarche diachronique l'aménagement touristique du littoral de Monastir en Tunisie. 

Résumé : 
La comparaison du littoral urbain de Monastir à un siècle d'écart permet d'illustrer l'essor d'une station balnéaire méditerranéenne. La mise en tourisme s'observe par la construction du front de mer, le remplacement de l'architecture locale par des hôtels de style international, et les aménagements du littoral destinés à retenir les sédiments sur la plage. Des questions se posent aujourd'hui sur la durabilité de ce modèle.

Dans son article, l'auteure décrit la mise en tourisme de cette portion du littoral tunisien en la replaçant dans son contexte historique. Elle montre également l'évolution architecturale de cette ville. 

Deux photographies prises à deux périodes différentes mais au même endroit (une avant l'indépendance de 1956 et une de 2018 prise par Andréa Poiret) permet une mise en miroir de ce territoire. 


Cette étude de cas sera particulièrement intéressante et utile pour les enseignants du secondaire dans les cadres suivants :

Géographie, 4e, thème 2 : chapitre "le tourisme et ses espaces". 
Géographie, 2nde, thème 3 : chapitre "Les mobilités touristiques internationales"

Pour accéder à l'intégralité de la ressource, cliquez ici

mardi 25 juin 2019

CR de lecture : Géohistoire de l'environnement et des paysages

Vous trouverez ci-dessous le compte-rendu de lecture rédigé pour la Cliothèque.


VALETTE Philippe et CAROZZA Jean-Michel (dir.), 
Géohistoire de l'environnement et des paysages, CNRS Editions, 2019, 441 pages. 

L'ouvrage est issu d'un colloque éponyme qui s'est tenu à Toulouse du 16 au 18 octobre 20161. Le livre de 441 pages ne reprend que 38 contributions, sur les 70 communications orales2 et la vingtaine de posters scientifiques qui y ont été présentés. L'objectif du colloque (et donc des articles rédigés pour cette publication) était la présentation des approches géohistoriques associées aux études environnementales et paysagères en France et en Europe du Sud.

I- Un panorama de la géohistoire environnementale.

La structuration du livre en six chapitres propose un panorama actuel de la recherche. Il n'y a pas de bibliographie générale, le choix ayant été fait que chaque chapitre dispose de sa propre liste de ressources.
  • Le premier chapitre "Théories et concepts en géohistoire" (pp.19-32) ne comprend que deux articles. Le peu de communication de cette partie trahit le déficit de théorisation en géohistoire. "[Ce] chantier doit être ouvert à l'avenir" (p.14).
  • Le chapitre 2 "Méthodes et nouvelles méthodologies en géohistoire" (pp. 33-132) regroupe huit communications qui font connaître de nouvelles sources aux chercheuses/chercheurs (peintures, iconographies, photographies).
  • Les quatre parties suivantes font un état de la recherche dans trois domaines particulièrement dynamiques. Le 3e chapitre "Géohistoire des forêts" (pp.133-204) contient six présentations. Ce champ heuristique est particulièrement porté par le Groupe d'Histoire des Forêts Françaises3 (GHFF). Avec sept articles, le chapitre 4 étudie "la géohistoire des zones humides et des cours d'eau" (pp.205-292) en association avec le Groupe d'Histoire des Zones Humides4 (GHZH). L'avant-dernier chapitre se concentre sur la "Géohistoire des risques et des vulnérabilités" (pp.293-358) avec cinq contributions, reprises dans le cadre du Centre de formation sur l'environnement et la société5 (CERES-ENS). Enfin le sixième et dernier chapitre "Croisement des données et des regards" (pp.359-441) renferme sept textes centrés sur différents types de paysages (littoraux, parc naturel, montagnes...).

II- Une épistémologie de la géohistoire contemporaine.

Ce colloque a permis de questionner la définition de la géohistoire aujourd'hui en France. Celle-ci est caractérisée comme la construction sur la longue durée des espaces et des territoires. Elle se démarque de la géographie historique en tant qu'étude diachronique (et non simplement synchronique) des sociétés à travers leur territoire. La longue durée braudélienne est ainsi mise en avant, même si on peut regretter cette seule focalisation. En effet, la géohistoire ne se réduit pas à une étude sur le temps long, les autres temporalités (médiane et courte) chères à Fernand Braudel n'étant pas à négliger.
La faible institutionnalisation de la géohistoire est accentuée par un déficit de théorisation commune. Comme dit plus haut, seulement deux communications composent le premier chapitre consacré à cette question. La conclusion qui s'impose est que, plus qu'une discipline unifiée, la géohistoire est actuellement un champ de recherche aux multiples ramifications (dont les études environnementales et paysagères). Cependant, malgré l'échec d'une institutionnalisation académique, cette démarche connaît un succès croissant, lié notamment à la prise de conscience du "rôle des temporalités et des actions successives de l'homme dans le temps sur les dynamiques de construction de l’environnement et des paysages" (page 13). L'intégration de la géohistoire environnementale dans les programmes scolaires depuis 2016 est une preuve de cet intérêt grandissant.

III-Un terrain didactique qui reste à défricher.

Bien que la géohistoire environnementale soit présente dans de nombreux points des programmes du secondaire6, les différents articles sont difficilement transposables directement dans les classes. Il faut avouer que ce n'était pas là le but premier du colloque. Néanmoins, la contribution de Thierry Sauzeau (Université de Poitiers) pourra s'avérer utile pour l'enseignement du thème 3 de géographie en 5e consacré aux risques : "Ce thème doit permettre aux élèves d'aborder la question du changement global (changement climatique, urbanisation généralisée, déforestation...). Il permet d'appréhender quelques questions élémentaires liées à la vulnérabilité et à la résilience des sociétés face aux risques, qu'ils soient industriels, technologiques ou liés à ce changement global." En effet, l'auteur s'intéresse à la "géohistoire et [la] prévention des risques" (pp.293-304) en prenant pour étude de cas la tempête Xynthia de 2010. L'article démontre que la politique étatique de résilience et de prévention des risques futurs après la submersion de la côte atlantique s'est appuyée sur une étude géohistorique du territoire.

Bilan : Un livre qui se voudra incontournable.

En définitive, l'ouvrage dirigé par Philippe Valette et Jean-Michel Carozza est un livre qui marquera un point d'étape dans la structuration de la géohistoire de l'environnement et des paysages. Sur un plan simplement formel, on pourra regretter l'absence d'un index complet des auteurs avec leur nom, fonction et champ de recherche en fin d'ouvrage. La démarche géohistorique étant particulièrement bénéfique pour l'éducation au territoire, une didactique de ce champ heuristique est à envisager. En faisant un bilan de ce qui s'est fait, les deux directeurs montrent ce qui reste à faire. Dans tous les cas, les études environnementales et paysagères sont actuellement le domaine de recherche le plus dynamique de la géohistoire contemporaine. D'autres parutions sur ce même domaine sont d'ailleurs prévues.

Notes :
1 : https://blogs.univ-tlse2.fr/colloque-geohistoire/ (Dernière consultation le 24 juin 2019)
2 : Cinq captations audiovisuelles de ces communications sont consultables sur la plateforme Canal-U en cliquant ici (Dernière consultation le 24 juin 2019).
3 : https://ghff.hypotheses.org/le-ghff/presentation-du-ghff
4: http://www.ghzh.fr/ 
5: http://www.ceres.ens.fr/ 
6 : Voir notamment en 6e, le thème 1 d'Histoire ("L'étude du néolithique interroge l'intervention des femmes et des hommes sur leur environnement.") ou en 5e, le thème 2 aussi en Histoire ("En abordant la conquête des terres, on envisage, une nouvelle fois après l'étude du néolithique en 6e, le lien entre êtres humains et environnement.") BO spécial n°11 du 26 novembre 2015

jeudi 13 juin 2019

Repenser l’histoire des espaces fluviaux à travers l’étude des territorialités de l’eau

L'université de Sherbrooke (Québec, Canada) a organisé en mars 2019 son XIIe colloque des étudiants/étudiantes en Histoire sur le thème "Espace et territorialité. Le tournant spatial : nouvelles perspectives en histoire "

Laëtitia Deudon est intervenue sur le sujet "Repenser l’histoire des espaces fluviaux à travers l’étude des territorialités de l’eau : le cas de Montréal et du canal Lachine (17e-21e siècles)." Elle rédige actuellement une thèse portant sur la géohistoire comparée de la construction des territoires fluviaux, à travers l’’étude de la vallée de l’Escaut (France) et de la région de Montréal dans la vallée laurentienne (Canada). Son analyse mobilise les champs de l’histoire environnementale et de la géohistoire pour saisir les dynamiques spatio-temporelles des territoires de l’eau.

Retrouvez la captation de sa communication ci-dessous :

mardi 28 mai 2019

De la géohistoire au Spatial Turn, quelles opportunités pour l'historien?

L'université de Sherbrooke (Québec, Canada) a organisé en mars 2018 son XIe colloque des étudiants/étudiantes en Histoire sur le thème "L'histoire...Une introspection : Pertinence d'une discipline, nouveaux champs et nouvelles tendances."

Dans le cadre du séminaire "De nouveaux outils pour la discipline historique", Antoine Gauthier-Trépanier est intervenu sur le sujet : "De la géohistoire au Spatial Turn, quelles opportunités pour l'historien?". Son analyse porte sur l'intérêt des Systèmes d'Information Géographique (SIG) pour le chercheur en Histoire. 

Retrouvez la captation de sa communication ci-dessous :


jeudi 23 mai 2019

Introduction au raisonnement géohistorique


Le 16 mars 2015, Christian Grataloup est venu présenter son Introduction à la géohistoire au micro d'Emmanuel Laurentin dans la Fabrique de l'Histoire (France Culture).

 Christian Grataloup_Introduction à la géohistoire_2015

Retrouvez le podcast de l'émission grâce au lien ci-dessous (entre 00:00 et 26:34).



Le format court de l'interview (moins de 30 minutes) oblige l'auteur à mentionner de façon ramassée les fondements du raisonnement géohistorique, à  savoir :
  1. Périodiser et régionaliser : où et quand ?
  2.  Contextualiser dans l'Espace et dans le Temps : pourquoi là et pas ailleurs ? Pourquoi à ce moment là et pas un autre ?
  3. Réfléchir aux échelles spatiales et temporelles et à leurs emboîtements.
  4. Réfléchir aux régimes d'historicité (passéisme/présentisme/futurisme) et aux régimes de géographicité (ici/ailleurs).
  5. Réfléchir aux historités des territoires : quelle dialectique entre la reproduction et le changement, la rupture et la continuité, les permanences et les mutations? 
  6. Penser les complémentarités entre les espaces.
  7. Réfléchir aux rapports centres/périphéries et aux processus de centralisation/périphérisation.
Cette grille d'analyse est utile pour (re)lire l'ouvrage de Christian Grataloup afin d'appréhender le raisonnement géohistorique. 

mercredi 15 mai 2019

L'invention du personnage géographique : Braudel et la Méditerranée

Du 15 au 16 mars 2018, ce sont tenues à Monaco les 9e Rencontres Internationales Monaco et la Méditerranée (RIMM IX). La thématique fut celle des "Artistes et intellectuels en Méditerranée : leurs places, leurs rôles, leurs défis".

Créées en 2001, ces rencontres bisannuelles permettent à des spécialistes d'exposer leurs approches sur les problèmes et les défis qui se posent à la Méditerranée et au pourtour méditerranéen.

En ouverture de cette 9e édition fut placée une citation de Fernand Braudel tirée justement de son ouvrage sur la Méditerranée : 

« La source est là, dans l’espace méditerranéen, la source profonde de la haute culture dont notre civilisation se réclame. Quand nous rêvons d’accomplissement humain, de la fierté et du bonheur d’être homme, notre regard se tourne vers la Méditerranée. » 
Fernand Braudel, La Méditerranée

Lors de ce colloque, Christian Grataloup est revenu sur le parcours du fondateur de la géohistoire dans son intervention intitulée "L'invention du personnage géographique : Braudel et la Méditerranée".  Dans une première partie, il explique la genèse et l'écriture de la célèbre thèse braudélienne et la place occupée par la Méditerranée. Dans une seconde partie, le professeur émérite à Paris VII-Diderot aborde le passage chez Fernand Braudel d'une histoire méditerranéo-centrée à une histoire-Monde.

Par souci de simplicité, vous retrouverez dans le premier lien ci-dessous l'article rédigé par Christian Grataloup pour la publication des actes. Vous avez aussi accès à l'ensemble de ces derniers dans le second lien.

Article de Christian Grataloup pour les RIMM IX (2018)

 2018_Grataloup_Braudel_Acte RIMM IX

Recueil des actes des RIMM IX (2018)

 2018_Actes_ RIMM IX


lundi 13 mai 2019

Nicolas Verdier, la carte avant les cartographes

Nicolas Verdier, directeur de recherche au CNRS et directeur d’Etude à l’EHESS, est l'auteur d'un mémoire HDR (Habilitation à Diriger des Recherches) soutenu en 2012 à l'université Paris VII-Diderot. La thèse est intitulée Eléments de Géohistoire et fut conduite sous la direction de Christian Grataloup. L'ouvrage La carte avant les cartographes. L'avènement du régime cartographique en France au XVIIIe siècle (Editions de la Sorbonne, 2015) est issu de cette recherche universitaire. 

 Nicolas Verdier_2015_Carte avant cartograhes

"Ses recherches s’inscrivent dans le cadre du croisement entre territorialités dans le temps et épistémologie des savoirs sur les espaces et les territoires, les deux approches formant les deux faces d’un même questionnement." (source: page personnelle sur http://www.parisgeo.cnrs.fr/spip.php?article188 consultée le 13 mai 2019).

Retrouvez ci-dessous une captation vidéo de la conférence qu'il a donnée en 2013 à l'université du Maine sur le thème "Figurer le territoire au niveau local : tension entre cartes et plans et affirmation d'une profession."