Présentation


"La Géographie n'est autre chose que l'Histoire dans l'espace, de même que l'Histoire est la Géographie dans le temps." Elisée Reclus, L'Homme et la Terre, 1905.

L'objectif de ce site est de faire connaître l'épistémologie et les didactiques de la Géohistoire. Il veut être un lieu centralisant les différentes actualités géohistoriques aussi bien dans l'Enseignement que dans la Recherche.

vendredi 8 octobre 2021

[Conférences] Géohistoire des migrations

 Le collectif Echo d'Histoire organise un cycle de conférences en novembre prochain intitulé "Géohistoire des migrations". Il sera animé par Stéphane Mourlane, maître de conférences en Histoire contemporaine à l'université d'Aix-Marseille et à Sciences Po Paris.

Source photo : Echo d'Histoire

Présentation

La prégnance des migrations en Méditerranée est moins nouvelle qu’on ne l’imagine souvent. C’est en ce sens que Stéphane Mourlane entreprend dans ce cycle de Géohistoire des migrations d’en examiner toute l’épaisseur historique. A travers une présentation générale, puis deux études de cas, consacrées respectivement à l’Italie et à Marseille, l’historien dresse un vaste panorama d’une histoire qui n’a de cesse de continuer d’agir au présent…

Planning
  • Conférence 1 – Mouvements migratoires en Méditerranée de l’Antiquité à nos jours. Mercredi 03 novembre 2021 de 19h à 20h15.
  • Conférence 2 – L’Italie, épicentre des pulsations migratoires. Jeudi 10 novembre 2021 de 19h à 20h15.
  • Conférence 3 – Marseille, carrefour des migrations en Méditerranée. Jeudi 17 novembre 2021 de19h à 20h15.

jeudi 7 octobre 2021

[Instant-Séquence] Lire l'espace qui nous entoure à travers le temps (Primaire, cycle III)

 ENSEIGNEMENT

Dans cette rubrique "l'Instant-Séquence", nous mettons en avant une séquence didactique ayant comme objectif de lier enseignement du temps et enseignement de l'espace. Ce mois-ci, nous vous proposons un scénario trouvé sur l'académie de Nantes pour le primaire.

Niveau scolaire : Cycle III (CM1-CM2)

La séquence :  Lire l'espace qui nous entoure à travers le temps.

Christine Buisson et Christian Dupuis, professeurs des écoles dans l'académie de Nantes proposent pour le cycle III (CM1-CM2) un scénario pédagogique intitulé "Lire l'espace qui nous entoure à travers le temps". 

Descriptif : Les élèves de cycle III ont mené un projet d'écriture de récit historique s'appuyant sur des témoignages de personnes ayant vécu dans le village. Mêlant réalité et fiction, les élèves ont fait revivre les membres d'une famille à travers l'histoire. Leur apparition correspond à une trace de l'histoire locale. Ce récit a servi de fil conducteur du livre « Conquereuil, la ville dont tu es le héros ! » auquel ont participé toutes les classes de la maternelle au CM2. Les élèves ont ensuite adapté leur texte pour faire parler leurs personnages dans le cadre d'une présentation oralisée accompagnant un montage vidéo...

Le cours est divisé en six séances :
  1. A la découverte des ressources locales : sortie sur le terrain pour voir les traces concrètes laissées par l'histoire dans la géographie locale.
  2. Création d'une frise historique : fabrication d'une frise chronologique permettant de situer les éléments du patrimoine local. 
  3. Rédaction d'un récit de fiction : faire revivre par le récit les membres d'une famille.
  4. Illustration du récit : représentations des personnages de l'histoire à l'aide de ressources documentaires sur l'habillement (logiciel utilisé : Photofiltre).
  5. Création d'une animation : intégration des personnages dans un décor pris dans le milieu local (application utilisée : Poppy Toons).
  6. Enregistrement d'un commentaire : les élèves enregistrent leur commentaire sur tablette. 

A la fin, les travaux sont présentés aux autres élèves et aux parents lors d'une exposition ouverte. 


D'autres séquences géohistoriques pour le secondaire sont consultables en cliquant sur l'onglet ENSEIGNEMENT.

lundi 4 octobre 2021

[CR de lecture] Vincent Capdepuy, Chroniques du bord du monde, 2021.

La Marge au Centre 

Compte-rendu de lecture de Chroniques du bord du monde. Histoire d'un désert entre Syrie, Irak et Arabie, Editions Payot et Rivages, 480 pages, 2021.



Présentation.

Vincent Capdepuy est géohistorien et enseignant dans l’académie de la Réunion. L’ouvrage publié en 2021 est l’héritier d’un doctorat soutenu en 2010 sous la direction de Christian Grataloup, intitulé Entre Méditerranée et Mésopotamie : étude géohistorique d’un entre-deux plurimillénaire[1].


L’originalité du livre tient à sa construction : le récit est en effet écrit à rebours, de l’époque contemporaine au passé le plus lointain. L’auteur s’en explique : « C’est une invitation à se retirer au désert, dans l’espace et dans le temps, en se défaisant progressivement des voiles de la connaissance postérieure pour s’enfoncer dans un passé de plus en plus insaisissable […] » (p.21). Dans cet ouvrage, l’auteur a comme objectif de raconter « [l]e blanc des atlas historiques » (p.13). Ainsi, ce texte accompagné de cartes et de photos de Vincent Capdepuy est autant un récit de voyage qu’un récit géohistorique.


Cet ouvrage riche de connaissances n’est pas facile à résumer. C’est pourquoi nous insisterons sur certains points. Le lecteur se reportera aux autres comptes rendus de lecture disponibles sur la toile[2].


1-Ce que l’automobile fait au désert.

« Des progrès décisifs dans les techniques de transport ou de communication représentent toujours une mutation géographique essentielle. »[3]. Cette affirmation de Christian Grataloup illustre de façon tout à fait pertinente les lignes suivantes.

Dès le début du XXe siècle, « [l]a steppe était entrée dans la civilisation de l’automobile » (p.38). Cette introduction a pour conséquence un rétrécissement des distance-temps dans le désert. Rapidement se pose la question de l’utilité et de la rapidité du camélidé. Une concurrence se fait jour entre l’ancien moyen de déplacement (le chameau) et le nouveau (l’automobile). Dans l’ouvrage de Roland Dorgelès, La Caravane sans chameaux[4], le chef de la tribu des Sba’a reconnaît d’ailleurs la suprématie du dernier sur le premier : alors que pour un trajet Palmyre-Toudmour, le chameau met quatre jours à parcourir cette distance, l’automobile fait ce trajet en une journée. Ce chef conclut ainsi : « Je te le dis : nos chameaux ne vont plus assez vite… ». « Le développement de l’automobile avait totalement chamboulé l’espace de la steppe en réduisant la distance à une question d’heures.» (p.44).

L’irruption de l’automobile au sein du désert se marque aussi dans le paysage par les traces laissées sur les bas-côtés des routes : les carcasses d’animaux cohabitent désormais avec des bidons d’essence, des pneus usagés, parfois le cadavre d’une automobile entièrement calcinée.

Les Bédouins ont intégré très vite ce nouveau mode de transport notamment dans leurs attaques surprises ou la chasse. Dans les récits de batailles, se mêlent désormais voitures, chevaux et chameaux. Au sein de ces sociétés nomades, la possession d’une automobile renforce les inégalités sociales : les cheiks s’en dotent les premiers comme objet de prestige.


2-Le désert : du réseau à la surface.

Depuis longtemps, le désert est un espace privilégié pour borner des territoires. Que ce soit le mur de Chapour édifié par l’empereur sassanide Chapour II (309-379) pour contenir les incursions des tribus arabes (chapitre 38), ou le limes romain renforcé par l’empereur byzantin Justinien (482-565) (p.329) contre les incursions saracènes, le désert est un espace flou idéal pour fixer des limites.

Ainsi, au sein des Etats-Nations issus du partage du Moyen-Orient (accord Sykes-Picot de 1916, puis traité de Sèvres de 1920), le nomadisme du Bédouin « constitue un anachronisme qui ne pourra faire que s’accentuer à mesure que les Etats du mandat français ou européens se développeront et rentreront dans le cadre de la vie sociale des Etats occidentaux » (p.51). Selon une vision évolutionniste, allant du nomadisme ancien à la sédentarité contemporaine, l’objectif des puissances européennes (France et Royaume-Uni) est de pousser les Bédouins à la sédentarisation au sein des nouvelles bornes étatiques. « Il n’y avait plus de place pour les marges. » (p.72). Ces dernières et leurs habitants devaient être intégrés à l’intérieur du puzzle international mis en place après la guerre de 1914.

3-Qui habitent le désert ? Sarrasins, Arabes, Bédouins.

Plusieurs ethnonymes qualifient les populations du désert : Sarrasins, Arabes, Bédouins. Parfois ces mots se recoupent, parfois ils s’excluent. Ces noms proviennent tous d’une vision extérieure au désert. Les frontières sémantiques entre les ethnonymes sont parfois floues, les termes se recoupant parfois les uns les autres.

Le mot « Sarrasin » apparaît pour la première fois dans la Géographie de Ptolémée au 2e siècle. Ce terme désigne les habitants au sud des montagnes de l’« Arabie heureuse » (p.324). Au 4e siècle, Ammien Marcellin étend le terme « Sarrasins » aux peuples qui résident de l’Assyrie jusqu’au Nil et en Nubie. Pour les Chrétiens du 7e siècle, le terme « Sarrasins » est synonyme de musulmans.

Quant au mot « Arabe », il émerge pour la première fois chez Hérodote (5e siècle avant notre ère) dans son Enquête. Il n’y a cependant pas une corrélation complète entre Arabe et Arabie (p.355). Pour Hérodote, l’Arabie est un espace qui s’étire de l’Egypte au Yémen en passant par la Syrie. Pour ce père de la géographie et de l’histoire, l’Arabie « forme l’ensemble du bassin de la mer Rouge » (p.359). Mais, il ne dit pas qui sont les Arabes. Eratosthène (3ème siècle avant notre ère) mentionne des Arabes nomades (ceux des « tentes ») et tout une série de peuples aujourd’hui non identifiables mais qualifiés d’Arabes (p.364). Selon la lecture qu’on en fait, le mot « Arabe » devient un terme générique pour qualifier tous les habitants de l’Arabie, qu’ils soient indépendants ou nomades : au 12e siècle, l’archevêque de Tyr Guillaume confond dans une même identité Arabes et Bédouins.

Enfin, « Bédouin » naît au 13e siècle. Dans sa Vie de saint Louis (début du 14e siècle), Jean de Joinville décrit ces femmes et ces hommes dont le mode de vie nomade a de quoi surprendre les voyageurs européens.

4-Le Bédouin : une figure dans le désert.

Ibn Khaldun (14e siècle) oppose dans son Livre des exemples la vie nomade des Bédouins à celle sédentaire des Citadins (p.229). Il fait ainsi du Bédouin l'archétype de l’homme du désert. En tant que Cairote, Ibn Khaldun nourrit à l’égard de ces femmes et de ces hommes une forme d’admiration. Pour celui-ci, ce qui unit les Bédouins entre eux, c’est l’asabiya, concept central qu’on pourrait plus ou moins traduire par « clanisme » ou « tribalisme » (p.234).

Dans le désert, la figure du Bédouin se reconnaît par le port de vêtements spécifiques, notamment le keffieh[5] (p.285). Il faut attendre le 19e siècle pour que les colonisateurs européens, sûrs de leur supériorité, s’affranchissent du port de ce « costume arabe » au profit du casque colonial (p.284),.


Bilan : « La géographie est histoire. » (p.365). 

A la fin de la lecture, nous nous apercevons que ce désert dit « de Syrie » n’est pas aussi « désertique » qu’on pourrait le croire de prime abord. C’est un espace habité, traversé, vécu, imaginé. La marginalité géographique de ce désert  est au centre de nombreuses histoires régionales, voire mondiale.


[3] Grataloup Christian (2011), Faut-il penser autrement l’histoire du monde, Armand Colin, 213 pages, p.49.

[4] Dorgelès Roland (1928), La Caravane sans chameaux, Paris, Albin Michel.


mercredi 29 septembre 2021

[Avis de parution] Les climats, une géohistoire.

 Vient de paraître à la Documentation photographique le n°8142 intitulé Les climats, une géohistoire. Ce numéro a été rédigé par Philippe Valette, Maître de conférences à Université de Toulouse Jean Jaurès. 


Résumé 
Réchauffement, effondrement, anthropocène…Une nouvelle ère d’incertitudes semble s’ouvrir. Afin d’y voir plus clair, ce dossier revient sur l’histoire climatique de l’Antiquité jusqu’à la fin du XIXe siècle en Europe occidentale. À la croisée de l’histoire, de la géographie et des sciences de l’environnement, il offre au lecteur de changer d’échelle temporelle et de prendre du recul pour tirer les précieuses leçons des temps passés.

Plan de l'ouvrage 

TÉMOIGNAGES DU CHANGEMENT
Éruptions volcaniques et climat
La dune du Pilat
Les journaux de bord de l’Atlantique
Dévotions publiques et processions religieuses

LE PETIT OPTIMUM ANTIQUE
Le Croissant fertile, un foyer de domestication
Le déclin de l’Empire romain et le climat
La ville de Lyon dans l’Antiquité

LE PETIT OPTIMUM MÉDIÉVAL
La colonisation viking dans l’Atlantique Nord
L’Europe du Nord à la fin du Moyen Âge
Le climat de Metz à la fin du Moyen Âge

LE PETIT ÂGE GLACIAIRE
Un hiver très présent dans la peinture hollandaise
Les cours d’eau des Pyrénées-Orientales
La Mer de Glace à Chamonix
Tempêtes et ”Vimers” du littoral charentais
Les températures à Paris depuis le XVIIIe siècle
L’évolution du climat à Venise
Les grandes inondations du XIXe siècle en France

LES TEMPORALITÉS LONGUES
Les fluctuations du glacier d’Aletsch
Arles et les inondations du Rhône
La plaine de Caen depuis le Pléistocène
Sécheresses et canicules : un exemple français
Les vendanges en Bourgogne
Les lacs du Jura et des Alpes

Cet ouvrage est à remettre dans le contexte du développement de la géohistoire environnementale. 


lundi 20 septembre 2021

Le Mot du Mois : CONSTANTINOPLE (principe de)

 GLOSSAIRE

Comme toute science sociale, la géohistoire possède son raisonnement propre, qui n'est pas la simple juxtaposition des raisonnements historique et géographique. La spécificité de cette démarche tient dans la combinaison à parts égales de ces deux types de raisonnement. Un bon exemple en est donné par les principes de Christian Grataloup

Un principe géohistorique est un type de modèle spatio-temporel. Il se définit comme "une logique de situation géographique couplée à un processus historique type, l'un expliquant l'autre, sans ordre de préséance heuristique" (Introduction à la géohistoire, page 177). On est donc en même temps dans l'analyse spatiale et dans l'analyse historique. Un principe géohistorique est donc à la fois un chorotype géographique et un chronotype historique. Par son degré de généralisation, il ne prétend pas décrire concrètement et totalement la réalité mais en donner une modélisation à des fins d'analyse et de compréhension. 

Un des principes géohistoriques théorisés par Christian Grataloup est celui de Constantinople

Source: D'après Christian Grataloup, Lieux d'Histoire, 1996, page 31.

Dans le cadre d'un positionnement théorique, le Centre géographique est au centre géométrique de l'espace (voir figure 1 ci-dessus). Cette centralité est ici pensée non seulement en distance (kilo)métrique mais aussi en termes de distance-temps en fonction des modes de déplacement de l'époque considérée : chevauchées, navigation... 

Puis, à la suite d'une pression (guerre, invasions...) sur une frontière extérieure (fig.2), le lieu-capital des décisions politiques se déplace vers cette région afin de réagir au plus vite face à la menace. On passe donc d'une logique de positionnement théorique à celle d'un positionnement relatif et contextualisé (fig.3).

Ceci à pour conséquence un étirement des distances à l'intérieur de l'espace : les parties les plus éloignées du Centre politique sont désormais plus sujettes à des tendances centrifuges (processus d'autonomisation), voire plus vulnérables aux menaces extérieures (fig.4 et 5). 

Sur un temps plus ou moins long, l'héritage géohistorique du principe de Constantinople est la création de deux entités géographiques à partir d'un seul et unique espace de départ : un espace cohérent autour de la nouvelle capitale décentrée d'une part,  un espace morcelé et fractionné d'autre part (fig.6).

Sources :

GRATALOUP Christian (1996), Lieux d'Histoire. Essai de géohistoire systématique., Montpellier, GIP-RECLUS, Collection Espaces mode d'emploi, 200 pages.

GRATALOUP Christian (2015), Introduction à la géohistoire., Armand Colin, 221 pages.


Pour aller plus loin :

Géraldine Djament-Tran, « Les scénarios de localisation des capitales, révélateurs des conceptions de l’unité nationale », Confins [En ligne], 9 | 2010, mis en ligne le 23 juillet 2010, consulté le 20 septembre 2021. A consulter en cliquant ici.


Définition ajoutée à notre GLOSSAIRE. N'hésitez pas à le consulter pour vous familiariser avec le langage du géohistorien.

lundi 13 septembre 2021

Le Mot du Mois : AIX (principe d')

 GLOSSAIRE

Comme toute science sociale, la géohistoire possède son raisonnement propre, qui n'est pas la simple juxtaposition des raisonnements historique et géographique. La spécificité de cette démarche tient dans la combinaison à parts égales de ces deux types de raisonnement. Un bon exemple en est donné par les principes de Christian Grataloup

Un principe géohistorique est un type de modèle spatio-temporel. Il se définit comme "une logique de situation géographique couplée à un processus historique type, l'un expliquant l'autre, sans ordre de préséance heuristique" (Introduction à la géohistoire, page 177). On est donc en même temps dans l'analyse spatiale et dans l'analyse historique. Un principe géohistorique est donc à la fois un chorotype géographique et un chronotype historique. Par son degré de généralisation, il ne prétend pas décrire concrètement la réalité mais en donner une modélisation à des fins d'analyse et de compréhension. 

Un des huit principes géohistoriques théorisés par Christian Grataloup est celui d'Aix. Ce nom tire son origine de la capitale carolingienne Aix-la-Chapelle, centre politique d'un nouvel espace créé par fission du monde méditerranéen antique. 

Ce principe décrit le processus de création de nouveaux espaces par la séparation d'un ancien sous l'effet de l'étirement des distances au sein de cet ancien espace. La division spatiale est la conséquence de l'allongement des distances (faible maîtrise de l'espace) et des effets de la diffusion

Une lecture attentive des Lieux d'histoire permet de constater que le principe d'Aix comprend deux types de logique, une interne et une externe; ces deux logiques peuvent se lire de façon imbriquée ou séparée, le point de départ étant l'expansion spatiale d'un ensemble géographique.

  • La logique interne : la fission est la conséquence de l'étirement des distances au sein d'un système spatial particulier. Cet éloignement par rapport au centre entraîne le développement de tendances centrifuges. A terme, ces tendances créent une ou plusieurs partitions spatiales. 
  • La logique externe : l'étirement des distances entraîne une mise en contact avec des espaces étrangers; ces derniers développent une pression d'origine extérieure sur les espaces périphériques. A terme, de nouvelles polarisations voient le jour à partir de ces anciennes bases arrières. 

Source :

GRATALOUP Christian (1996), Lieux d'Histoire. Essai de géohistoire systématique., Montpellier, GIP-RECLUS, Collection Espaces mode d'emploi, 200 pages.


Définition ajoutée à notre GLOSSAIRE. N'hésitez pas à le consulter pour vous familiariser avec le langage du géohistorien.

jeudi 9 septembre 2021

Podcast : La Société de Géographie, deux cents ans d’aventures (France Culture)

Ce mercredi 08 septembre, dans "Le cours de l'histoire", émission animée par X. Mauduit sur France Culture, épisode 3 : La Société de Géographie, deux cents ans d’aventures.
 
Sujet : Élisée Reclus, Jules Verne, Anatole France... ces illustres personnages ont appartenu à la Société de Géographie, savante organisation fondée en 1821 pour porter les progrès de la géographie et encourager les découvertes. Retour sur deux cents ans d'histoire et d'aventures.

Intervenants : Christian Grataloup (géohistorien, professeur émérite à l’ Université de Paris) et Jean-Robert Pitte (professeur émérite de géographie et d’aménagement à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne)

Une émission à réécouter en cliquant ici ou en suivant le lien ci-dessous. 



Jean-Robert Pitte (extraità partir de 13 min) : « Je recommande aux historiens […] de regarder dans l’assiette des géographes, et à nous de regarder dans l’assiette des historiens. […] On ne peut pas faire de bonne géographie sans culture historique et vice versa […] ».