"La Géographie n'est autre chose que l'Histoire dans l'espace, de même que l'Histoire est la Géographie dans le temps."Elisée Reclus, L'Homme et la Terre, 1905.
L'objectif de ce site est de faire connaître l'épistémologie et les didactiques de la Géohistoire. Il veut être un lieu centralisant les différentes actualités géohistoriques aussi bien dans l'Enseignement que dans la Recherche.
Guillaume Calafat est maître de conférences en histoire moderne à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, membre Junior de l'Institut Universitaire de France (2022-2027) et membre du comité de rédaction des revues Annales. Histoire, Sciences Sociales et Clio@Themis . Ses recherches portent sur la régulation du commerce et de la navigation en Méditerranée à l’époque moderne. Son livre, Une mer jalousée. Contribution à l’histoire de la souveraineté (Méditerranée, XVIIe siècle), est paru aux Éditions du Seuil en 2019. (Source : page personnelle de Guillaume Calafat sur le site de la Sorbonne).
Aux références bibliographiques données dans l'émission ou sur le site, il faut aussi ajouter la biographie rédigée par Pierre Daix (Flammarion, 1995) intitulé tout simplement Braudel. Les chapitres V et XI parlent notamment de la genèse et des différentes versions de La Méditerranée.
Il est curieux que la paternité du terme "géohistoire" n'est pas été abordée durant l'émission : Fernand Braudel a construit ce néologisme en rédigeant justement cet ouvrage (même si dans la version de 1966 ce mot fut retiré par l'auteur). Encore un indice qui montre que cette démarche mêlant Temps et Espace est définitivement passée du côté des géographes.
Malgré ce petit bémol que nous soulignons, la qualité du podcast n'est nullement remise en cause, bien au contraire. Merci à André Loez de nous offrir toutes ses émissions.
Les éditions Nouveau Monde publient cet ouvrage traditionnel sur le fond mais novateur sur la forme. En effet, rien de plus classique qu'un manuel d'"[i]nitiation aux études historiques". Depuis celui de C.-V. Langlois et C. Seignobos (Introduction aux études historiques, 1898), les historiennes et les historiens sont familiers de ce genre littéraire dans leur parcours universitaire.
L'innovation est qu'il soit proposé sous format numérique. Plus exactement, l'ouvrage a d'abord été pensé pour être disponible digitalement en Open Access, permettant ainsi d'être accessible à tous (enseignants, étudiants, lycéens). Une version papier sera cependant disponible à partir de ce 28 octobre 2020.
L'ensemble de l'ouvrage est dirigé par Bénédicte Girault (maîtresse de conférence en histoire contemporaine), Reine-Marie Birard (chargée de recherche au CNRS) et Catherine Rideau-Kikuchi (maîtresse de conférence en histoire médiévale). Patrick Boucheron en a rédigé la préface.
Rédigé collectivement par 27 enseignants provenant de différents établissements du Supérieure, ce manuel se fixe trois objectifs : appréhender le raisonnement historique, aborder la recherche en Histoire, en connaître les différentes sciences auxiliaires.
Le format numérique enrichit le contenu grâce à de nombreux liens hypertextes renvoyant vers des articles, des vidéos, des émissions de radio... Le lien suivant permet d'atteindre la version Béta, c'est à dire avec l'ensemble du texte mais sans les liens hypertextes (la version finalisée avec ces dernières devrait arriver prochainement).
Dans le cadre de ce blog dédié aux relations entre Espace et Temps, nous nous intéresserons plus particulièrement à deux chapitres : celui sur la cartographie historique (chapitre 16) et celui sur les jeux d'échelles (chapitre 17).
2- La cartographie historique.
Ce chapitre est écrit par Ségolène Maudet, ATER à l'Université de Lorraine. Ses recherches portent sur les échanges dans la Méditerranée antique; elle s'intéresse aussi aux relations entre Systèmes d'Informations Géographies (SIG) en archéologie et Histoire.
Après une introduction portant sur "la cartographie comme construction du réel", l'auteure décrit les relations entre "la carte et l'historien en France". Le chapitre se conclut par une partie intitulée "faire des cartes" en Histoire, notamment en utilisant les "SIG". Une bibliographie réduite permet d'aller un peu plus loin.
3- Jeux d'échelles et échelles du monde.
Valérie Theis est la rédactrice de cette partie. Cette professeur d'histoire médiévale à l'ENS-Ulm travaille à différentes échelles sur les conséquences sociaux des politiques de domination territoriale et de gouvernement des pouvoirs temporels.
Elle rappelle, tout d'abord, "les limites des cadres traditionnels" des études historiques, notamment l'échelle départementale. Les historiens n'ont pris que récemment conscience que l'espace n'est pas seulement un support où se déroule les faits sociaux, mais est aussi une construction sociale à part entière. L'espace est un acteur historique comme les autres. Valérie Theis rappelle ensuite la différence entre "la microhistoire" et l'histoire locale. L'intérêt de la microhistoire a été de questionner la pertinence de l'échelle d'analyse dans une recherche historique. Les dernières décennies ont été marquées par un élargissement des échelles d'étude, ce qu'on a appelé l'historie globale. Là aussi, une brève bibliographie invite à approfondir l'analyse.
4-Pour aller plus loin dans la découverte de cet ouvrage.
La table des matières est consultable en cliquant ici.
Le site Numérique Premium présente le projet de ce e-manuel dans la vidéo suivante :
Brèves de classe, le podcast officiel de l'APHG, a consacré son émission numéro 22 à ce manuel. Vous pourrez réécouter ci-dessous l'interview des trois directrices de l'ouvrage.
Bilan : un ouvrage indispensable.
Cet ouvrage passionnant est vraiment novateur dans sa conception et donne un coup de jeune aux introductions aux études historiques. Sans conteste, ce manuel est indispensable pour tous les professeurs d'histoire-géographie, mais aussi les étudiants et lycéens qui se destinent dans cette voie universitaire. On espère vraiment que ce même format existera prochainement pour d'autres disciplines, notamment en Géographie. Alors, avis aux géographes : à quand un e-manuel d'initiation aux études géographiques ?
Créées en 2001, ces rencontres bisannuelles permettent à des spécialistes d'exposer leurs approches sur les problèmes et les défis qui se posent à la Méditerranée et au pourtour méditerranéen.
En ouverture de cette 9e édition fut placée une citation de Fernand Braudel tirée justement de son ouvrage sur la Méditerranée :
«La source est là, dans l’espace méditerranéen, la source profonde de la haute culture dont notre civilisation se réclame. Quand nous rêvons d’accomplissement humain, de la fierté et du bonheur d’être homme, notre regard se tourne vers la Méditerranée. »
Fernand Braudel, La Méditerranée
Lors de ce colloque, Christian Grataloup est revenu sur le parcours du fondateur de la géohistoire dans son intervention intitulée "L'invention du personnage géographique : Braudel et la Méditerranée". Dans une première partie, il explique la genèse et l'écriture de la célèbre thèse braudélienne et la place occupée par la Méditerranée. Dans une seconde partie, le professeur émérite à Paris VII-Diderot aborde le passage chez Fernand Braudel d'une histoire méditerranéo-centrée à une histoire-Monde.
Par souci de simplicité, vous retrouverez dans le premier lien ci-dessous l'article rédigé par Christian Grataloup pour la publication des actes. Vous avez aussi accès à l'ensemble de ces derniers dans le second lien.
Article de Christian Grataloup pour les RIMM IX (2018)